NABA, le contexte : le Coran lu par ses lettres, en deux tomes
Le Coran que nous lisons aujourd'hui porte deux couches : les lettres reçues, et les signes posés sur elles plus d'un siècle après. NABA retire la seconde pour lire la première. Deux tomes, 1 223 pages en couleur premium, pour lire chaque mot dans le texte brut, celui qui obéit au plus près à la loi naturelle de toute langue.
TOME 1
Ouverture · Parties I à VII
La méthode, ses démonstrations, ses connexions, les grands récits, les objections, cent mots lus entièrement, la lecture inversée.
Relié grand format : 500 pages · 21 × 28 cm
Couleur premium sur papier blanc
TOME 2
Parties VIII à XII
L'information comme nourriture, les analogies du texte, le corps et le rite, le chemin du prospect, jusqu'au seuil.
Relié grand format : 489 pages · 21 × 28 cm
Couleur premium sur papier blanc
Le relié grand format, pensé pour l'étude, se choisit sur la même fiche Amazon que le broché, dès sa mise en ligne.
Le résumé : ce que fait ce livre
Le Coran a été reçu en lettres. Les voyelles, les signes de déclinaison et les marques de lecture ont été posés sur ces lettres plus tard, par des hommes, pour fixer une manière de lire. Ces signes ne sont pas le texte : ils sont une interprétation du texte. Et une interprétation, si respectable soit-elle, choisit un sens là où les lettres en laissaient plusieurs ouverts.
NABA, le contexte part d'une décision simple, et je la tiens jusqu'au bout : ne lire que ce qui est écrit. Le rasm, les lettres seules, telles qu'elles figurent dans les codex. Je décompose chaque mot sur ce rasm, jamais sur la racine de trois lettres du dictionnaire, qui est elle-même une construction des grammairiens.
La décomposition se fait par unités de deux lettres. Un mot de trois lettres en contient deux, côte à côte, et un troisième, le noyau, né de la fusion de la première et de la dernière lettre. Chaque unité porte une notion. Le sens d'un mot n'est pas une définition qu'on recopie : c'est la rencontre des notions de ses unités, et le noyau en donne la caractéristique nouvelle.
Une notion n'est jamais admise parce qu'elle est belle. Elle est confrontée à tout le Coran : à chaque verset où l'unité apparaît, dans chaque mot qui la contient. Elle reçoit un score. Si elle ne tient pas sur l'ensemble du répertoire, elle est reprise. Ce qui résiste ne l'invalide pas : ce qui résiste la précise.
Le résultat est une lecture où le verset dit exactement ce que ses mots disent, rien de plus. Où علم se lit définir, où les mots qu'on croyait opposés se révèlent les deux faces d'une même opération, où les récits les plus connus, Noé, Abraham, Moïse, Yūnus, livrent une logique qu'aucune traduction ne laissait voir. La polysémie disparaît : un mot n'a pas dix sens, il porte une notion, et le contexte la met en œuvre.
Le premier tome pose la méthode et la met à l'épreuve. Le second l'applique sans relâche, jusqu'aux passages les plus discutés. Les deux ensemble forment un manuel de lecture : on apprend à décomposer, à vérifier, et à se passer de toute autorité extérieure au texte.
L'exposé : le texte brut et la constante universelle
Il existe dans toutes les langues humaines une loi que personne n'a écrite. Aucun grammairien ne l'a décrétée, aucune académie ne l'enseigne, et personne ne peut la modifier par une règle. Elle sort d'un simple comptage. Le linguiste George Kingsley Zipf l'a décrite au milieu du XXᵉ siècle : classez les mots d'un texte du plus fréquent au moins fréquent, et le rang de chaque mot multiplié par sa fréquence donne à peu près une constante. Sur une échelle logarithmique, les mots s'alignent sur une droite dont la pente est proche de 1.
Trois autres régularités l'accompagnent. Environ la moitié des mots différents d'un texte n'apparaissent qu'une fois. Les mots les plus employés sont les plus courts. Le vocabulaire grandit moins vite que le texte, selon la loi de Heaps. Ces quatre lois ne viennent d'aucune règle : elles viennent de l'usage vivant d'une langue. C'est pourquoi elles servent de témoin. Un texte qui s'y conforme se comporte comme une langue ; un texte qu'on a retouché s'en écarte.
La mesure, sur huit transmissions du Coran
J'ai mesuré ces lois sur huit transmissions imprimées du Coran : Hafs, Shou'ba, Warsh, Qâloûn, al-Bazzî, Qounboul, ad-Doûrî et as-Soûsî, 6 236 versets chacune. Puis j'ai refait la mesure couche par couche : le squelette des lettres sans points, le rasm avec ses points, puis en ajoutant les voyelles internes, puis les voyelles de fin de mot, jusqu'au texte entièrement vocalisé. Et j'ai fabriqué un témoin : des voyelles tirées au hasard.
| Couche du texte (transmission de Hafs) | Pente de Zipf (idéal : 1) |
|---|---|
| Squelette sans points | 0,940 |
| Rasm : les lettres et leurs points | 0,944 |
| + voyelles internes | 0,936 |
| + voyelles de fin de mot (la grammaire) | 0,928 |
| Texte entièrement vocalisé | 0,915 |
| Témoin : voyelles tirées au hasard | 0,697 |

Le sommet est le rasm écrit, avec ses points. Chaque couche de voyelles éloigne le texte de la constante, dans les huit transmissions sans exception, et ce sont les voyelles de fin de mot, celles de la grammaire, qui l'en éloignent le plus. Sur le rasm, les huit transmissions donnent les mêmes chiffres au millième près : 0,943 à 0,945. Dès qu'on remet les voyelles, elles se séparent, de 0,903 à 0,916.
Le rasm passe les quatre tests d'une langue : pente de 0,944, 58,3 % de mots employés une seule fois, des mots fréquents nettement plus courts que les mots rares (3,4 lettres contre 5,5), une croissance du vocabulaire de 0,740. Le texte mélangé au hasard, lui, échoue à trois tests sur quatre.
Les points des lettres ne sont pas une couche comme les autres. Ils distinguent des lettres que le squelette confondait, et ils rapprochent le texte de la constante, là où les voyelles l'en écartent. C'est pourquoi le livre garde les lettres avec leurs points, et retire tout le reste.
La mesure a aussi sa limite, et je la dis. Des voyelles tirées au hasard détruisent la loi (0,697) : les vraies voyelles ne sont donc pas du bruit, elles suivent une lecture cohérente. Ce que la mesure établit, c'est que toute lecture posée sur les lettres écarte le texte de sa propre régularité. C'est ce qu'il fallait savoir pour choisir où lire.
La méthode complète, les sources et les chiffres de chaque transmission sont publiés pour que chacun puisse refaire le calcul : Le Coran et la loi de Zipf.
Une loi qui rejoint le texte
Le Coran se dit lui-même complet et détaillé : « Nous n'avons rien omis dans le Livre » (6:38). Un texte qui se suffit n'a pas besoin qu'on lui ajoute de quoi être compris. La mesure ne démontre pas une foi ; elle rencontre une affirmation du texte. Les lettres seules se tiennent comme une langue entière, sans le secours des signes ajoutés. C'est l'analogie que je propose au lecteur : la constante de Zipf et la parole du Coran sur lui-même pointent vers le même endroit, les lettres reçues.
La méthode, en quatre gestes
- Mettre le texte à nu. On retire le tashkīl et toute règle extérieure ; on ne garde que les lettres du rasm.
- Décomposer en unités de deux lettres. Les unités consécutives, puis le noyau issu de la fusion de la première et de la dernière lettre.
- Dresser le répertoire. Tous les mots du Coran qui contiennent l'unité, relevés sur le mot écrit, jamais sur la racine du dictionnaire.
- Tester la notion. Elle doit valoir pour toute la famille. Elle reçoit un score ; sinon, on recommence.
Exemple : نبأ, la nouvelle, se décompose en نب Prospection et با Excavation. La nouvelle, c'est ce qu'on excave pour l'atteindre. D'où le titre : NABA, le contexte qu'on dégage pour lire.
Un aperçu des pages




L'impression couleur premium sert la lecture : les unités de deux lettres en rouge, les schémas, les arbres de mots et les tableaux de scores en couleur.
Le sommaire
Tome 1 — Ouverture et parties I à VII
- OuvertureAvant la méthode : l'encre noire et l'encre rouge
- I. FondationsLa révélation avant la grammaire ajoutée · Purifier, décomposer : le geste technique · Ce que le noyau révèle · Vrai ou faux fil conducteur ?
- II. DémonstrationsComment on cherche un fil conducteur · Les hapax · Les mots que la traduction trahit · La polysémie n'existe pas · Ceux que leur science a engloutis · Les noms qui décrivent une fonction · Les animaux nommés
- III. ConnexionsIl n'y a pas de mots vides · Le miroir · Les ponts · Les familles · Les chaînes · Pourquoi la polysémie ne peut pas exister
- IV. Grands récitsLes mots retournés · La prison · Les astres et le feu · Celui à qui l'on a parlé · Le nom de Noé
- V. Objections et débatsLe poisson qu'on oublie · Ce qu'on va me reprocher · Ce que cette méthode ne fait pas · Comment me réfuter · Ce qui reste
- VI. Cent motsLa parole, les ténèbres, ce qui ne se divise pas, le dépôt, la croissance, la juste mesure, la grandeur, l'œuvre, l'intervalle, le jugement, le nom Allah et ses trois unités, le signe et le verset, Abraham…
- VII. Lecture inverséeLire un mot à rebours, et ce qu'il révèle
Tome 2 — Parties VIII à XII
- VIII. L'information comme nourritureLa nourriture s'implémente · Les deux mers · Ce qui est assigné · Le mot du prophète · Le livre enfoui · L'étude qui discerne · Le nom de Moïse
- IX. Les analogies du texteL'unité qui tient la parole et le cœur · Le Nom · Le Pharaon, l'oiseau et les deux chemins · L'eau, l'écume et ce qui demeure · L'épreuve, la lance et le fer
- X. Le corps, le rite et la hiérarchieAdam · La tunique · Les ablutions · Dhul Qarnayn · Le paradis, l'enfer et l'éternité · Dans le ventre des bestiaux
- XI. Le chemin du prospectLe voyage de nuit · Le mathématicien, la lune et le sommeil · Le démantèlement et le trésor · La dissolution · La déontologie et la sauvegarde
- XII. Au seuilLa controverse, l'envers et l'endroit · La liminalité
À qui s'adresse ce livre
À celui qui lit le Coran en français et sent que la traduction lui cache quelque chose. À celui qui veut étudier le Coran seul, sans dépendre d'une chaîne d'autorités. À l'étudiant en arabe, qui trouvera une autre façon de voir la langue. Au linguiste, qui trouvera des chiffres, une méthode et un protocole pour la contredire. Aucun prérequis n'est demandé : chaque mot arabe est donné avec sa traduction, et chaque étape est montrée.
Questions fréquentes
Faut-il lire l'arabe ?
Non. Chaque mot arabe est accompagné de sa traduction et de ses unités en couleur. Le livre apprend à décomposer, pas à réciter.
Par quel tome commencer ?
Par le Tome 1 : il pose la méthode et ses règles. Le Tome 2 s'appuie sur elles.
Broché ou relié ?
Le broché est le format de lecture courant. Le relié grand format (21 × 28 cm) offre de larges pages, un texte plus grand et une couverture cartonnée : c'est le format d'étude, à garder ouvert sur la table.
Peut-on vérifier ce que dit le livre ?
Oui, et c'est voulu. Le décomposeur, le glossaire des unités et le répertoire de chaque mot sont en libre accès sur ce site. Un chapitre entier explique comment me réfuter.
Le livre suit-il une école ou un courant ?
Il ne suit que le texte écrit. Il discute les traductions et les lexiques, mais ne leur donne pas le dernier mot : c'est le Coran entier qui tranche.
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